Hydrobiologie intempestive

Le matin de bonne heure, le soir quand les branches basses jouent avec les rayons dorés. En combi, bottes ou waders. Passer le talus, les ronces. Derrouiller les raideurs de l’arthrose et entrer dans le fil de l’eau. Respirer. Parler seul. remonter, contourner. S’agenouiller dans le gravier, une sorte de cantique païen comme chantait Gaston Couté. Reconnaitre les larves, les adultes en vol, les retrouver, les perdre. Fossés, culs de champs drainés, aval d’élevages, bas côté de nationale, qu’importe : la centaine de millions d’années, c’est l’unité de temps de ces formes qui survivent, disparaissent en silence. Miroir de l’eau, miroir du vivant, miroir pour qui veut bien s’y voir.