Bouquins citations humeurs commentaires résumés notes post-it fonds de poche
On pourrait croire que je cours après mon passé, mais c’est bien pire. Je me souviens du dernier soir comme si c’était demain.
Hubert Haddad, Mà.
Capital et race, histoire d’une hydre moderne
Sylvie Laurent, Seuil, 2024
Pour Sylvie Laurent, le racisme moderne prend racine dans le « découverte » et l’exploitation du nouveau monde. On rencontre par ailleurs dans son livre des personnages qu’on n’attendait pas forcément au coeur de la meute et de la curée exploiteuse, tel que le libéral Voltaire, en fait bien plus ultra que sa légende d’humaniste éclairé ne le laisse supposer à priori. Voila un candide plein de cynisme.
« La correspondance de Voltaire témoigne d’ailleurs de sa
parfaite connaissance des rouages du capitalisme
financier et marchand. Il s’y plaint de la dégradation de la
qualité des esclaves à prix constant : « IL y a trente ans
qu’on avait un beau nègre pour cinquante livres. C’est à
peu près cinq fois moins qu’un bœuf gras“. » Dans un
échange épistolaire inquiet avec son comptable,
l’investisseur s’enquiert régulièrement de ses placements
dans l’industrie sucrière, en particulier lors des
perturbations provoquées par la guerre de Sept Ans sur la
production de sucre aux Antilles : « Nous n’avons plus de
nègres pour travailler dans nos sucreries. » »
p.136 (Sources : voir Capital et race, notes)
Geoges Maspero, Membre de l’Institut, est un historien de la fin du 19ème, spécialiste de « l’orient », dans le sens assez vague de l’époque. Il écrit en 1904 une « Histoire ancienne des peuples de l’orient.
« L’Institut de France est une institution française créée en 1795. Il rassemble les élites scientifiques, littéraires et artistiques de la nation afin qu’elles travaillent ensemble à perfectionner les sciences et les arts, à développer une réflexion indépendante et à conseiller les pouvoirs publics » (Wikipédia).
Racisme institutionnel et colonial ordinaire dès les premières pages.
« …De nos jours, la provenance et les affinités ethnographiques de la population [égyptienne] ont fourni matière à de longues discussions. Tout d’abord les voyageurs du 17ème et du 18ème siècle, trompés à l’apparence de certains Coptes abâtardis, assurèrent que leurs prédécesseurs de l’âge pharaonique avaient le visage bouffi, l’œil à fleur de tête, le nez écrasé, la lèvre charnue, et qu’ils présentaient plusieurs des traits caractéristiques de la race nègre. Cette erreur, vulgaire encore au commencement du siècle, s’évanouit sans retour dès que la Commission française eut publié son grand ouvrage. En examinant les innombrables reproductions de statues et de bas-reliefs dontil est rempli, on reconnut que le peuple figuré sur les monuments, loin d’offrir les particularités ou l’aspect général du nègre, avait la plus grande analogie avec les belles races blanches de l’Europe et de l’Asie occidentale. »