Les rangs de pommiers, la route et la haie noire
dans l’étau inhumain
du crépuscule
jusqu’à ce que s’ouvre
à travers ta poitrine
un appétit inquiet d’animal nocturne
l’oreille parvient à museler
l’aboi misérable des chiens
la narine insensiblement
déplace vers le fond
les remugles criards de poubelles qui débordent
et tout entier tu t’ouvres à de menus miracles
de feuilles émues, de fruits tombés
de remuements d’amour
au ventre d’un cyprès
Frédéric Jacques Temple, Poèmes, éditions Jorn. La Rivière à Julien Gracq J’ai reconnu la rivièrepar les sentiers d’autrefoisen foulant les javelleset les marjolaines d’été. Au détour des collines(vert et cendre)la Sorgues ricochaitsur les rochers velusdéliant les échosnichés dans la saulaie des berges. Cinquante ans de soleils et d’aversesdormaient dans le parc indéchiffrable(toujours la fragrance…