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Le trumpisme profilé dès 1938

Nous sommes en 1938 à New York. Dwight Macdonald, journaliste amréricain (1906-1982) a lu « Fascime et grand capital » de Guérin et donne son opinion dans  un article fouillé reporté en poste face dans la dernière edition du livre de Guérin chez Libertalia. Dans ce « oui mais non pas chez nous » on reconnait sans peine le portrait robot de l’Amérique de Trump.  Une dénégation embarrassée en forme de prédiction.

 « Guérin décrit la mystique fasciste, en Italie et en Allemagne, comme la fusion de deux cultes quasi-religieux : le culte du chef et le culte de la patrie. Dans ce pays [les USA], jusqu’à présent, la situation est très différente. L’exaltation religieuse dont jouissent Hitler et Mussolini est chez nous réservée à des sauveurs du type Father Divine et Aimee Semple McPherson. Certes, cela prouve que les masses américaines sont elles aussi capables de ce type d’exaltation, et il est fort probable qu’en cas de grave crise économique un leader poltique pourrait s’avérer capable de mettre à profit ce penchant.[]
Le culte de la patrie, l’autre mystique essentielle du fascisme évoquée par Guérin, n’est pas davantage susceptible de se développer dans ce pays à la manière dont il l’a fait à l’étranger. La grande diversité des nationalités présentes sur notre sol, notre isolement géographique, notre relative prospérité et notre mode de vie plus élevé n’ont pas permis, jusqu’à présent, d’engendrer un sentiment nationaliste de type extrémiste. Certes, nos aspirants führers évoquent souvent l’«américanismes et qualifient tout ce qui est européen d’«étrangers. Les affiches « Votez américain », dont les républicains ont recouvert le nord de l’État de New York lors des élections de cet automne, rappellent le mouvement « Koow-Nothing” » du siècle dernier, dont le slogan était « Les Américains pour diriger l’Amérique! » [] »

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